Changer de programme en cours d’études

Après deux sessions en sciences de la nature, vous réalisez que vous n’êtes pas à la bonne place. Est-il trop tard pour changer de programme ? Et comment vous assurer de faire le bon choix cette fois-ci? Des spécialistes se prononcent.

À l’université comme au cégep, de nombreux étudiants changent ainsi de voie en cours de route. Selon le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie du Québec, en 2010, pas moins de 21,8 % des cégépiens de troisième trimestre étaient inscrits à un programme différent de celui dans lequel ils avaient amorcé leurs études collégiales.

Bien souvent, l’étudiant ne met qu’une ou deux sessions pour constater qu’il n’est pas dans le bon programme, note Isabelle Falardeau, conseillère d’orientation au Collège de Maisonneuve et auteure des livres Sortir de l’indécision et s’orienter malgré l’indécision -à l’usage des étudiants indécis et de leurs parents déboussolés. L’accumulation de mauvaises notes et d’échecs, le manque de motivation ou le sentiment de ne pas avoir autant de plaisir que les autres sont des signes qu’on a envie de changer de programme», dit-elle.

Changer de programme ?

Même si le constat est évident, la décision de changer de programme n’est pas facile à prendre pour autant. L’appui des parents est primordial, souligne Isabelle Falardeau. Ils doivent faire preuve d’empathie et ne pas juger leur jeune. On ne choisit pas d’être indécis et cela peut être une réelle source d’angoisse.»

Le plus important, c’est de s’accorder le temps de réfléchir et de se poser les bonnes questions, ajoute-t-elle.

Lorsque la situation survient au cégep, par exemple, il faut se demander si le problème concerne uniquement les cours spécifiques à son programme ou plutôt les cours généraux obligatoires. Dans ce dernier cas, il est peut-être préférable d’envisager un diplôme d’études professionnelles.»

Comment faire le bon choix?

Quand vient le moment de changer de programme, il est important de bien se renseigner pour voir si son contenu s’apparente à ce qu’on aime», dit Marie-Sylvie Dionne, conseillère d’orientation et auteure du livre Le défi d’orientation -Guide du parent zen.

Parler avec des gens qui pratiquent le métier visé peut nourrir la réflexion. Si on n’en connaît pas, le site Academos offre un service de cybermentorat qui permet aux jeunes de poser des questions à des travailleurs du milieu qui les intéresse. Les aides pédagogiques individuelles et les conseillers d’orientation sont toutefois les intervenants les mieux placés pour guider les étudiants à travers cette période de changement.

Lorsqu’on ne parvient pas à choisir dans quel programme poursuivre ses études, on peut regarder ce que proposent les autres ordres d’enseignement. Il ne faut surtout pas bouder la formation professionnelle, qui offre de belles occasions d’emploi », indique Marie-Sylvie Dionne.

Article paru dans le :

  • 24 heures Montréal
  • Nouvelles, mardi 11 février 2014, p. 2